Le syndrome de Noé : zoom sur cette pathologie étonnante

Noé syndrome
Noé syndrome

pour comprendre les raisons qui expliquent que l’on ait utilisé cette métaphore pour nommer ce syndrome. L’Histoire de Noé figure dans le premier livre de la Bible, le livre de la Genèse. Avant d’envoyer sur la terre les eaux du Déluge, Dieu ordonne à Noé de construire une arche et d’y conserver pour chaque espèce animale, en couple, afin de les préserver de la catastrophe ; la terre pourrait ainsi être repeuplée après le Déluge. Le syndrome de Noé tient donc son appellation de ce récit biblique. Ce syndrome renvoyant en anglais au qualificatif de « animal hoarding » consiste à accumuler démesurément des animaux. Découvrons ensemble les contours de cette pathologie mentale, ses conséquences sur les animaux ainsi que la prise en charge qui peut être apportée à ceux qui souffrent de cette maladie.

En quoi consiste le syndrome de Noé ?

Le syndrome de Noé ou encore « animal hoarding » correspond à la manie compulsive chez les personnes atteintes par cette pathologie d’amasser des animaux car convaincus d’être investis d’un sacerdoce pour sauver ces animaux. Cette pathologie concerne essentiellement les animaux de compagnie. Les malades manifestent un besoin irrépressible de collectionner toujours plus d’animaux de plusieurs espèces sans avoir les ressources nécessaires pour leur assurer un entretien correct. La plupart des personnes qui sont atteintes par cette maladie sont des femmes ; elles appartiennent pour plus de leur moitié au troisième âge. Les hoarders vivent dans une certaine marginalisation et dans une situation financière difficile.

Certains facteurs spécifiques permettent de détecter la maladie. On peut relever l’accumulation excessive d’animaux qui sont entassés sur une surface vitale assez réduite sans que le malade ne soit alerté par les conditions précaires dans lesquelles évoluent les animaux. De plus, les « hoarders » ont la conviction ferme qu’ils doivent voler au secours des animaux dans des proportions sans cesse croissantes. Les malades se caractérisent également par un aveuglement quant à la détresse que subissent les animaux. Ce phénomène conduit ainsi le malade, se proclamant sauveur et défenseur d’animaux, dans une situation aberrante où il devient l’oppresseur des animaux.

Quelles sont les conséquences sur les animaux ?

Le syndrome de Noé implique plusieurs retombées négatives sur les animaux. On peut relever une déficience au niveau des soins accordés aux animaux. Le « hoarder » sera assez rapidement débordé devant l’ampleur de la tâche en termes d’investissement physique et financier. Il s’emmure dans un déni de la souffrance éprouvée par les bêtes ce qui le conduit à faire peu cas du bien-être des animaux.

On peut noter également un phénomène de surpopulation si on rapporte le nombre d’animaux à la surface vitale que ces derniers occupent. La forte promiscuité qui règne dans le domicile du « hoarder » peut entraîner des pathologies animales et augmenter le risque de propagation. Il n’est pas rare d’observer dans le cadre du syndrome de Noé, des phénomènes de malnutrition affectant les animaux.

Quelle prise en charge pour les malades souffrant du syndrome de Noé ?

Le syndrome de Noé selon une classification de l’Association américaine de psychiatrie est une pathologie mentale que l’on peut rattacher aux troubles obsessionnels compulsifs (TOC). C’est une maladie qui a priori peut frapper à toutes les époques de la vie avec cependant une prévalence forte pour les femmes ayant dépassé la soixantaine et vivant dans un certain isolement. Des recherches pour mieux comprendre les facteurs à l’origine de cette maladie sont en cours, en vue d’un meilleur traitement.

 

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